ACRE : conditions, montant de l'exonération et démarches en 2026

L'ACRE pour auto-entrepreneur (aide à la création ou à la reprise d'entreprise) permet de réduire de moitié environ vos cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. C'est l'un des dispositifs les plus utiles pour démarrer sereinement, mais il n'est plus attribué automatiquement depuis 2020 et doit être demandé dans un délai précis. Ce guide détaille qui peut en bénéficier, le montant réel de l'exonération, la démarche à suivre et les pièges qui font perdre le bénéfice de l'aide.

Qu'est-ce que l'ACRE ?

L'ACRE est un dispositif d'exonération partielle de cotisations sociales destiné aux créateurs et repreneurs d'entreprise, y compris les micro-entrepreneurs. Contrairement à ce que son ancien nom (« exonération de charges sociales ») laisse penser, il ne s'agit pas d'une exonération totale : l'ACRE applique un taux réduit de cotisations pendant les 12 premiers mois civils d'activité, décomptés à partir de la date de début effectif de l'activité.

L'exonération porte sur les cotisations d'assurance maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse de base et allocations familiales. Elle ne couvre en revanche ni la CSG-CRDS, ni la contribution à la formation professionnelle, qui restent dues en totalité dès le premier euro de chiffre d'affaires.

Ce dispositif ne doit pas être confondu avec d'autres aides à la création d'entreprise, comme les prêts d'honneur ou les subventions régionales, qui répondent à des logiques et à des financeurs différents. L'ACRE est gérée par l'URSSAF et concerne exclusivement le niveau de vos cotisations sociales, pas votre imposition sur le revenu ni votre TVA. Elle peut néanmoins se combiner avec ces autres formes de soutien, ce qui en fait un socle particulièrement intéressant pour sécuriser la trésorerie des premiers mois d'activité, période où les charges fixes pèsent souvent davantage que le chiffre d'affaires encaissé.

Qui peut bénéficier de l'ACRE en 2026

L'ACRE s'adresse à un public plus large qu'on ne le croit souvent. Vous pouvez y prétendre si vous relevez de l'une des situations suivantes au moment de la création ou de la reprise d'entreprise.

Principales situations ouvrant droit à l'ACRE
SituationCondition principale
Demandeur d'emploi indemniséBénéficiaire de l'ARE au moment de la création
Demandeur d'emploi non indemniséInscrit à France Travail depuis au moins 6 des 18 derniers mois
Bénéficiaire de minima sociauxRSA, ASS ou ATA en cours de versement
Jeune de 18 à 25 ansSans condition de recherche d'emploi préalable
Jeune de moins de 30 ans en situation de handicapReconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
Salarié ou personne licenciée reprenant une entrepriseReprise d'une entreprise en difficulté sous conditions
Bénéficiaire du contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape)Contrat en cours au moment de la création

Depuis l'élargissement du dispositif, toute personne créant ou reprenant une entreprise peut, dans certains cas, demander l'ACRE même sans être inscrite à France Travail, notamment les moins de 25 ans. Ne présumez donc pas d'une inéligibilité sans avoir vérifié votre situation précise.

Montant de l'exonération : le taux réduit de cotisations

Le taux de cotisations sociales appliqué pendant les 12 mois d'ACRE dépend de la nature de votre activité de micro-entrepreneur.

Taux de cotisations avec et sans ACRE pour un micro-entrepreneur
Type d'activitéTaux normalTaux avec ACRE (12 premiers mois)
Vente de marchandises (BIC)Environ 12,3 %Environ 6,2 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)Environ 21,2 %Environ 10,6 %
Professions libérales (BNC)Environ 21,1 %Environ 10,6 %

Ces taux s'appliquent sur le chiffre d'affaires réellement encaissé, comme pour le calcul habituel des cotisations d'un micro-entrepreneur. L'exonération dure 12 mois civils pleins à compter du début d'activité : si vous démarrez en cours de trimestre, la réduction s'applique au prorata sur la première période déclarée.

L'ACRE réduit uniquement les cotisations sociales de base. La CSG-CRDS (environ 9,2 % intégrée au taux global habituellement affiché) et la contribution à la formation professionnelle continuent de s'appliquer sans réduction, même pendant la période d'ACRE.

Comment demander l'ACRE : la démarche et le délai de 45 jours

L'ACRE n'est plus accordée automatiquement depuis le 1er janvier 2020. Vous devez en faire la demande explicitement, dans un délai strict.

Déposez votre demande dans les 45 jours suivant le dépôt de votre déclaration de début d'activité
Effectuez la demande via le guichet unique des formalités d'entreprises ou directement auprès de l'URSSAF
Joignez les justificatifs correspondant à votre situation (attestation France Travail, notification RSA, justificatif d'âge)
Conservez l'accusé de réception de votre demande, utile en cas de litige sur le délai
L'URSSAF dispose d'un délai d'un mois pour répondre ; l'absence de réponse vaut acceptation

Passé le délai de 45 jours, la demande est automatiquement rejetée, sans possibilité de rattrapage. C'est le piège le plus fréquent chez les créateurs qui découvrent l'existence du dispositif trop tard, souvent en préparant leur première déclaration de chiffre d'affaires. Pour éviter ce type d'oubli, il est utile de consulter dès le lancement les erreurs fréquentes lors de la création d'une micro-entreprise.

Dans la pratique, la demande d'ACRE se fait le plus souvent en même temps que la déclaration de début d'activité sur le site du guichet unique, en cochant la case correspondante dans le formulaire. Si vous avez omis cette étape lors de votre inscription, vous pouvez encore adresser une demande séparée à l'URSSAF, à condition de rester dans le délai de 45 jours. Passé ce délai, aucun recours n'est possible, y compris en cas d'erreur de bonne foi ou de méconnaissance du dispositif : c'est pourquoi il est recommandé de traiter cette démarche dès le premier jour, avant même l'émission de votre première facture.

Exemple chiffré : combien économise un auto-entrepreneur avec l'ACRE

Prenons le cas de Nadia, 24 ans, qui lance une activité de graphiste indépendante en microentreprise (BNC) avec un chiffre d'affaires de 32 000 € sur ses 12 premiers mois d'activité.

Sans ACRE, ses cotisations sociales s'élèveraient à environ 32 000 x 21,1 % = 6 752 €. Avec l'ACRE, appliquée dès le début de son activité au taux réduit de 10,6 %, ses cotisations tombent à environ 32 000 x 10,6 % = 3 392 €. L'économie réalisée sur sa première année d'activité atteint donc environ 3 360 €, une trésorerie précieuse pour financer son équipement ou constituer une réserve de sécurité.

Les pièges à éviter avec l'ACRE

Plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les créateurs d'entreprise et leur font perdre le bénéfice de l'aide.

Le premier piège est le délai de 45 jours, souvent découvert trop tard. Le deuxième concerne le cumul avec d'autres aides : l'ACRE peut se cumuler avec l'aide au retour à l'emploi (ARE) sous forme d'ARCE, mais les modalités de calcul diffèrent et méritent une vérification précise avant de choisir entre les deux options. Le troisième piège touche à la durée : certains créateurs pensent à tort que l'ACRE se prolonge automatiquement, alors qu'elle s'arrête strictement à 12 mois civils, sans possibilité de report.

Le retour au taux normal de cotisations, souvent proche du double du taux réduit, peut représenter un choc de trésorerie si vous ne l'avez pas anticipé. Intégrez cette hausse dans votre prévisionnel dès le 13e mois d'activité pour éviter une mauvaise surprise lors de votre déclaration suivante.

Ce qu'il faut prévoir en parallèle de l'ACRE

L'ACRE ne dispense d'aucune autre obligation liée au lancement d'une activité. Plusieurs échéances arrivent souvent en même temps que la période d'exonération et méritent d'être anticipées ensemble.

Sur le plan de la TVA, la plupart des micro-entrepreneurs démarrent sous le régime de la franchise en base, qui les dispense de facturer et de reverser la TVA tant que leur chiffre d'affaires reste sous les seuils de 37 500 € pour les prestations de services ou 85 000 € pour les activités de vente. Ce régime est totalement indépendant de l'ACRE : vous pouvez bénéficier de l'ACRE sans être concerné par la TVA, ou inversement dépasser les seuils de franchise pendant votre première année d'ACRE. Les règles précises sont détaillées dans notre guide sur la franchise en base de TVA pour l'auto-entrepreneur.

Sur le plan du calendrier fiscal, votre première année d'activité s'accompagne aussi d'échéances déclaratives propres, entre la déclaration de chiffre d'affaires (mensuelle ou trimestrielle selon votre option) et, l'année suivante, la première déclaration de revenus intégrant vos bénéfices. Pour ne rien manquer, il est utile de consulter dès le départ le calendrier fiscal de l'indépendant, qui reprend l'ensemble des dates clés de l'année.

En plus de l'ACRE, les créateurs d'entreprise bénéficient d'une exonération de cotisation foncière des entreprises (CFE) au titre de leur première année d'activité, quelle que soit leur situation vis-à-vis de l'ACRE. Cette exonération est automatique et ne nécessite pas de demande séparée.

Suivre ses cotisations et sa trésorerie avec Newbi dès le lancement

Démarrer une activité s'accompagne souvent d'un empilement de démarches administratives : demande d'ACRE, première déclaration URSSAF, premières factures, premiers justificatifs d'achat. Newbi centralise le suivi de votre chiffre d'affaires encaissé et de votre trésorerie, ce qui facilite l'anticipation du montant de vos cotisations, réduites ou non.

Une fois vos premières factures émises, pensez également à vérifier vos obligations comptables de micro-entrepreneur, qui s'appliquent dès le premier jour d'activité, indépendamment du bénéfice de l'ACRE.

En résumé

L'ACRE reste l'un des leviers les plus efficaces pour alléger sa trésorerie la première année d'activité, avec un taux de cotisations réduit de moitié environ pendant 12 mois. Le dispositif s'adresse à un public plus large que les seuls demandeurs d'emploi, mais il doit être demandé explicitement dans les 45 jours suivant le début d'activité, faute de quoi le bénéfice est définitivement perdu. Anticiper la fin de l'exonération dans son prévisionnel de trésorerie permet d'éviter un choc financier au treizième mois, lorsque le taux normal de cotisations reprend son plein effet.

Questions fréquentes sur l'ACRE