Holany

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Rédaction Newbi

Guides
BTP / Artisans
10 min de lecture

Facturation électronique dans le BTP : sous-traitance, situations et retenues

La facturation électronique dans le BTP doit respecter le même socle réglementaire que les autres secteurs, mais le bâtiment cumule des pratiques qui compliquent sa mise en œuvre : facturation par situations d'avancement, sous-traitance en cascade avec autoliquidation de la TVA, retenue de garantie sur chaque situation. Ces trois spécificités ne disparaissent pas avec la réforme, elles doivent simplement se traduire correctement dans une facture électronique structurée.

Ce guide explique comment la facture de situation, l'autoliquidation en sous-traitance et la retenue de garantie s'intègrent dans les formats du socle commun (Factur-X, UBL, CII), avec des exemples chiffrés pour un chantier type. Vous verrez aussi les mentions à ne jamais oublier et la manière dont un logiciel de facturation adapté au BTP absorbe cette complexité sans multiplier les manipulations.

Le calendrier de la facturation électronique s'applique aussi au BTP

Aucune dérogation sectorielle n'existe pour le bâtiment. Le calendrier fixé par l'ordonnance sur la facturation électronique s'applique à l'identique aux artisans, entreprises générales et maîtres d'œuvre.

Calendrier de la facturation électronique obligatoire dans le BTP
Taille d'entrepriseRéception obligatoireÉmission obligatoire
Toutes les entreprises du BTP1er septembre 2026-
Grandes entreprises et ETI du bâtiment1er septembre 20261er septembre 2026
PME et TPE du bâtiment1er septembre 20261er septembre 2027
Artisans et micro-entreprises du BTP1er septembre 20261er septembre 2027

Concrètement, un artisan plaquiste en micro-entreprise devra pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, même s'il n'émettra les siennes au format électronique qu'à partir du 1er septembre 2027. Une entreprise générale de construction classée ETI, elle, devra émettre au format électronique dès septembre 2026, y compris vers ses sous-traitants. Ce guide sur la facturation électronique obligatoire en 2026 détaille le calendrier complet et les sanctions applicables en cas de retard.

La facture de situation face à la structuration des données électroniques

Sur un chantier, la facturation ne se fait presque jamais en une seule fois. Elle suit l'avancement des travaux via des factures de situation : situation n° 1 à 20 % d'avancement, situation n° 2 à 45 %, et ainsi de suite jusqu'au décompte général définitif. Chaque situation reprend le montant total du marché, l'avancement cumulé, les situations déjà facturées et le montant restant à facturer.

Dans une facture électronique structurée (Factur-X, UBL ou CII), cette logique se traduit par des champs spécifiques : référence au marché ou au devis initial, période de facturation, et surtout un lien explicite avec les situations précédentes pour permettre à la plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) de reconstituer l'historique du chantier. Le format Factur-X est particulièrement adapté ici car il combine un PDF lisible par le client (souvent un maître d'ouvrage peu familier des flux XML purs) et des données structurées exploitables par les systèmes comptables. Le fonctionnement détaillé de ce type de document est décrit dans notre guide de la facture de situation de travaux BTP.

Exemple chiffré : chantier de rénovation à 120 000 € HT

Un artisan général intervient sur un chantier dont le marché total s'élève à 120 000 € HT. La troisième situation correspond à un avancement de 30 % :

  • Montant de la situation n° 3 : 36 000 € HT
  • TVA à 20 % : 7 200 €
  • Montant TTC de la situation : 43 200 €
  • Cumul déjà facturé (situations 1 et 2) : 48 000 € HT

Chacune de ces situations doit faire l'objet d'une facture électronique distincte, numérotée séquentiellement, avec un renvoi clair vers le marché et les situations antérieures.

Chaque facture de situation est une facture au sens de l'article 289 du Code général des impôts. Elle doit comporter l'ensemble des mentions obligatoires, un numéro dans votre séquence unique, et être transmise via une PDP dès que l'émission électronique deviendra obligatoire pour votre entreprise.

L'autoliquidation de la TVA en sous-traitance BTP

Le secteur du bâtiment applique un régime de TVA particulier depuis 2014 : lorsqu'un sous-traitant intervient pour le compte d'un entrepreneur principal sur des travaux de construction, de rénovation ou de réparation d'un immeuble, la TVA est autoliquidée par le donneur d'ordre, en application de l'article 283-2 nonies du CGI.

Concrètement, le sous-traitant facture son intervention hors taxe, sans mentionner de TVA à payer, et porte sur sa facture la mention « Autoliquidation - article 283-2 nonies du CGI ». C'est l'entrepreneur principal, destinataire de la facture, qui déclare et reverse lui-même la TVA correspondante, tout en la déduisant dans le même temps s'il y est éligible.

Le passage au format électronique ne dispense pas le sous-traitant de faire figurer la mention d'autoliquidation. Elle doit apparaître dans les données structurées de la facture, au même titre que sur une facture papier ou PDF classique. Une facture de sous-traitance BTP sans cette mention, ou avec une TVA facturée à tort, expose l'entrepreneur principal à un redressement.

Exemple chiffré : sous-traitance en autoliquidation

Un sous-traitant plombier facture 15 000 € HT de travaux à une entreprise générale sur un chantier de rénovation. Sa facture indique :

  • Montant HT : 15 000 €
  • TVA : 0 € (autoliquidation par le preneur, article 283-2 nonies du CGI)
  • Montant net à payer : 15 000 €

L'entrepreneur principal, de son côté, déclare 3 000 € de TVA collectée (taux de 20 %) sur sa propre déclaration, et la déduit s'il exerce une activité imposable ouvrant droit à déduction.

La retenue de garantie sur une facture électronique

La retenue de garantie permet au maître d'ouvrage ou à l'entrepreneur principal de conserver une partie du montant dû, généralement pour couvrir d'éventuelles malfaçons constatées après réception des travaux. Elle est encadrée par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 pour les marchés privés et plafonnée à 5 % du montant du marché.

Dans une facture de situation, la retenue de garantie apparaît comme une ligne de déduction clairement identifiée : elle réduit le montant net à payer, sans modifier le montant HT ni la TVA due, qui restent calculés sur le montant brut de la situation. Le sous-traitant ou l'entrepreneur peut aussi proposer une caution bancaire ou une garantie à première demande pour éviter cette retenue en trésorerie.

Si la retenue de garantie pèse trop lourdement sur votre trésorerie de chantier, vous pouvez proposer au maître d'ouvrage une garantie à première demande souscrite auprès de votre banque ou d'un assureur-caution. Le montant de la situation vous est alors versé intégralement, sans retenue.

Exemple chiffré : situation avec retenue de garantie

Reprenons la situation n° 3 de 36 000 € HT (43 200 € TTC) avec une retenue de garantie de 5 % :

  • Montant TTC de la situation : 43 200 €
  • Retenue de garantie (5 % du montant HT) : 1 800 €
  • Net à payer sur cette situation : 41 400 €

Cette retenue sera restituée, en tout ou partie, à la levée des réserves ou à l'expiration du délai contractuel, généralement un an après la réception des travaux.

Les formats Factur-X, UBL et CII pour les factures de chantier

Le socle de la facturation électronique française repose sur trois formats : Factur-X (PDF enrichi de données XML, lisible par l'humain et la machine), UBL et CII (formats XML purs, plus adaptés aux échanges automatisés entre grands systèmes). Pour une entreprise du BTP qui échange encore beaucoup avec des maîtres d'ouvrage particuliers ou des architectes peu équipés en logiciels comptables, Factur-X présente l'avantage de rester lisible tel quel, tout en portant les données structurées nécessaires à la PDP.

Le choix du format dépend surtout de votre PDP et de celle de vos partenaires : la plateforme se charge de la conversion entre formats si nécessaire, ce qui vous évite de vous en soucier au quotidien. Le point important reste que votre logiciel de facturation soit capable de générer un fichier conforme au socle, avec l'ensemble des champs BTP correctement renseignés.

Les mentions spécifiques à vérifier sur une facture BTP électronique

Au-delà des mentions obligatoires classiques, une facture de chantier comporte des informations propres au secteur :

La référence au marché ou au devis signé, avec son numéro
Le numéro de situation et le pourcentage d'avancement des travaux
Le cumul des situations précédentes déjà facturées
La mention « Autoliquidation - article 283-2 nonies du CGI » en cas de sous-traitance
Le taux et le montant de la retenue de garantie, si applicable
Les références d'assurance décennale de l'entreprise, exigées sur les devis et souvent reprises sur facture

Ces mentions s'ajoutent aux mentions obligatoires d'une facture classique et à celles imposées par le contrat de sous-traitance ou le cahier des charges du marché. L'obligation d'assurance décennale, propre au secteur, est détaillée dans notre article sur l'assurance décennale des artisans.

Comment Newbi simplifie la facturation dans le BTP

Newbi permet de créer des factures conformes au socle de la facturation électronique, avec numérotation séquentielle automatique et mentions obligatoires préremplies. Pour un artisan ou une entreprise du bâtiment qui facture par situations, le logiciel garde en mémoire le montant total du marché et les situations déjà émises, ce qui évite les erreurs de cumul d'une situation à l'autre. La gestion des achats intégrée permet aussi de centraliser les factures reçues des sous-traitants, y compris celles soumises à autoliquidation.

En résumé

La facturation électronique btp ne modifie pas les règles de fond du secteur : les factures de situation, l'autoliquidation de la TVA en sous-traitance et la retenue de garantie continuent de s'appliquer exactement comme avant. Ce qui change, c'est leur mode de transmission et de structuration : chaque situation doit être une facture électronique conforme au socle commun, avec un lien clair vers le marché et les situations antérieures, la mention d'autoliquidation quand elle s'applique, et le détail de la retenue de garantie. Anticiper cette transition avec un logiciel adapté évite les blocages de trésorerie liés à des factures mal formées ou rejetées par une PDP.

Questions fréquentes sur la facturation électronique dans le BTP